Plusieurs centaines de personnes étaient présentes à Saramon ce samedi 1er novembre pour assister à la réouverture des portes de l’église Saint-Pierre, dédicacée pour l’occasion par l’archevêque d’Auch, Monseigneur Bertrand Lacombe.
« Et bien voilà, nous y sommes. C’est une renaissance que nous célébrons aujourd’hui ». Au micro d’un pupitre d’appoint installé sur la droite du chœur, le maire de Saramon Eric Balducci peine à cacher son émotion. Face à lui, des centaines de personnes assistent à ce moment solennel et privilégié, comme il en existe peu dans la vie d’un village.
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Paroissiens, habitants de la commune, élus, officiels ou simples visiteurs : ils sont nombreux à s’être rendus en ce jour de la Toussaint à l’église Saint-Pierre, qui rouvrait obligatoirement ses portes après plus de deux années et demie de fermeture, suite à l’effondrement de la tour Saint-Victor, le 16 mars 2023. « Ce moment est le fruit d’une détermination sans faille par celles et ceux qui ont œuvré, le fruit d’un attachement profond à notre patrimoine pour celles et ceux qui ont cru à ce projet. Je voudrais rendre hommage à toutes ces personnes qui ont rendu ce renouveau possible », a remercié le maire du village.

Plusieurs d’entre elles étaient justement présentes ce samedi matin, des sapeurs-pompiers aux bénévoles en passant par les ouvriers et les artisans. Membre de l’atelier Saint-Lys basé à Sainte-Foy-de-Peyrolières (Haute-Garonne), Jean-Luc Quesnel avait été sollicité pour la réalisation du décor mural visible au fond du chœur. « On n’a pas toujours une restauration de cette ampleur avec un trou béant dans l’édifice », soulignait-il.
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En charge de la dédicace de l’église, Monseigneur Bertrand Lacombe a pu mesurer l’ampleur de la restauration et apprécier le renouvellement du mobilier liturgique (autel, ambon, tabernacle ou encore réserve d’eucharistie), qui n’aurait pu se faire sans le soutien de l’État ni de la Fondation du Patrimoine. « C’est vraiment une grande joie pour la communauté chrétienne, l’ensemble des Saramonaises et Saramonais », a insisté l’archevêque d’Auch avant de procéder à la consécration de l’autel, oint d’huiles saintes, encensé puis illuminé.

Assistante maternelle et retraitée, toutes deux Saramonaises, Corinne et Monique n’auraient pu manquer ce spectacle pour rien au monde. « On est fier d’avoir récupéré notre église », se félicitait la première. « Au départ, c’était compliqué. On n’y croyait pas trop. C’est une réussite. C’est la vie d’un village. Je pense à des gens qui se sont investis et qui sont partis sans avoir pu se rendre dans l’église restaurée », renchérissait la seconde.
« Un moment de communion »
Les jeunes générations ont également répondu présent. Loïc, gérant de la pizzeria du village, et sa compagne Manon, auxiliaire de vie, se sont déplacées avec leur petite fille Mya, qui n’a pas pu être baptisée à l’église Saint-Pierre, alors fermée pour travaux. « Elle a été baptisée à Simorre. Tous ces moments-là, c’est chouette de pouvoir les faire au village où nous sommes. L’église, c’est un endroit important dans le village », témoigne Manon.

Touché par la cérémonie, Jean se montre quant à lui partagé sur le résultat de la rénovation. « À l’intérieur, c’est acceptable mais à l’extérieur, je ne trouve pas cela très heureux », commentait ce retraité, ému malgré tout de « revenir sur ses terres d’origine », lui qui réside désormais à Saint-Soulan.
Venu en voisin de Castelnau-Barbarens, accompagné de sa femme et de ses enfants, Louis résumait finalement l’état d’esprit général d’une matinée inoubliable : « C’est assez beau de voir à la fois la synergie entre les services de l’Église et de l’État. Qu’on le veille ou non, il y a toujours un besoin de transcendance. C’est un moment de communion. » Un moment qui fera date dans l’histoire de Saramon.

